Henri Farman (1874-1958) Angleterre & France

Pilote du biplan Farman n30 au 1er meeting mondial davion de 1909 en Champagne

Champagne 1909 : 1er meeting mondial d’Avions
1ère Grande Semaine Aéronautique internationale de Reims 22 au 29 Août 1909 ; 8 Journées 29 Pilotes 8 Grands Prix 11 Modèles d’Avions Bilan chiffré.
Henri Farman est alors une célébrité mondiale.

  • Champion du Grand PRIX de CHAMPAGNE de la distance : 1er lauréat, 180km
  • PRIX POMMERY du TOUR de PISTE : 5ème Lauréat, 10Km à 66,6Km/h
  • Champion du PRIX Veuve CLICQUOT-PONSARDIN des PASSAGERS : 2>65Kg 10Km
  • PRIX Veuve CLICQUOT-PONSARDIN des PASSAGERS : 1er Lauréat (1>65Kg 10Km)
  • PRIX MOËT & CHANDON de l’ALTITUDE : 2ème Lauréat 110 métres

En 1907, Henri Farman a battu à la fois le record de distance et de vitesse (770 mètres en 52 secondes), puis remporté la coupe Deutsch-Archdeacon (1030 mètres en ligne droite en une minute quatre secondes); en 1908, il a bouclé le premier circuit fermé d’un kilomètre, à Issy-lès-Moulineaux, puis fait le premier voyage avec passager en France, quinze jours après le premier au monde; en 1909, nouveau record de durée (trois heures et cinq minutes); en mars 1910, il a remporté le prix de l’École Centrale en faisant dix kilomètres avec un passager, puis ouvert une école de pilotage près de Villesauvage, sur l’aérodrome de la Beauce, dit aussi aérodrome Farman, à côté de celui de Blériot; le 18 décembre, à Étampes, nouveau record de durée: neuf heures et douze minutes); le 30, Maurice Tabuteau bat le record de distance, 525 kilomètres, toujours à Étampes, à bord d’un avion Farman qui sera utilisé par l’armée pendant la Grande Guerre; l’armée d’ailleurs s’est installée dès cette même année 1910 à Étampes. En 1913, année de notre photographie, c’est l’un des élèves anglo-saxons de Farman, le capitaine Mellor, qui publie, à Londres, New York et Toronto, le premier ouvrage au monde décrivant le fonctionnement d’une école d’aviation: celle d’Henri Farman à Étampes.

Au début de l'année 1908, quelques progrès furent encore réalisés, mais le contrôle des appareils en vol restait très rudimentaire. L'homme pouvait voler dans des machines motorisées, mais les réussites étaient loin de convaincre la plupart des gens.

  • le 10 novembre 1907, Henry Farman est le premier au monde à réaliser un vol de plus d'une minute,
  • Le même pilote (avec le même avion) parcourut le premier kilomètre en vol le 13 janvier 1908.

Ces deux performances permirent à Henry Farman d'obtenir les 50 000 francs du Grand Prix d'Aviation Deutsch/Archdeacon. Mais de grands changements se préparaient... Passionné de vitesse, il consacra la plupart de son temps à des courses de vélo, de moto, puis de voiture. En 1907, il opta pour l'aviation qu'il jugeait " moins dangereuse."En 1908, s'attribua le grand prix de l'aviation à Issy les Moulineaux, en couvrant, le premier en Europe, un circuit aérien fermé de 1 km. Premier vol avec passager (28/03/1908), premier vol de ville à ville, entre Bouy et Reims (30/10/1908), records de vitesse et d'altitude en Allemagne et en Belgique installe son atelier en Champagne,

26/10/1907 : Henry Farman établit officiellement le record de distance à 771 m dans un Voisin-Farman I.

Anglais d’origine Henri Farman ne sera naturalisé Français qu’à 60 ans (en 1937).

Son palmarès 1908 est impressionnant sur avion Voisin à moteur Antoinette : Janvier 1er vol d’un km en circuit fermé (1mn 28s)- Mars 1er vol avec passager (avec Léon Delagrange pilote), Septembre plus long vol en circuit fermé (39 km), Sept-Oct plus longue durée en vol (43 mn et 44 mn 32 s, Octobre 1er vol de ville à ville en champagne ( de Chalons-Champagne à Reims-Pommery) Octobre Records de vitesse et d'altitude dans différents pays d'Europe.

En 1911, il ouvre la 1ere école de pilotage sans visibilité à Toussus-le-Noble, et en 1919, l'une des 1eres compagnies aériennes ouvertes au public en France

Egalement pilote émérite, son frère Maurice Farman (1877 – 1964) remporte également plusieurs records aéronautiques. Il invente un biplan en 1910 et s'associe avec son frère Henri, au début de la Première Guerre Mondiale, pour créer l'une des premières entreprises de construction aéronautique produisant de nombreux avions et hydravions civils et militaires. La Champagne, reste pour ces illustres amis anglais non seulement leur terre d’accueil mais aussi celle de leur premiers exploits historiques.




Modeste et méthodique, Henri Farman observe d’abord avec attention les essais des pionniers hardis qui essayent de maîtriser les « plus lourds que l’air » et d’améliorer leurs performances. Bientôt, il tente à son tour l’aventure héroïque de l’aviation. Bien qu’inexpérimenté, Farman possède l’ensemble des qualités requises pour devenir un pilote confirmé. A la fois courageux et réfléchi, il est servi par une robuste constitution de sportif et ne manque ni de ténacité ni d’intuition. En 1907, alors qu’il vient de commander à l’atelier des frères Voisin de Boulogne-Billancourt, un petit planeur du type Chanute, il réalise très vite que l’avenir appartient surtout aux avions motorisés, ce qui le conduit à résilier sa commande pour faire plutôt l’acquisition d’un aéroplane Voisin à moteur Antoinette d’une valeur de douze mille francs.

Le 30 septembre 1907, Henri Farman effectue un premier vol de quatre-vingt mètres ; le 11 janvier 1908, il accomplit un parcours d’un kilomètre en boucle ; et deux jours plus tard nous l’avons vu, il remporte la Coupe Deutsch-Archdeacon assortie d’un prix de cent mille francs.

Désormais célèbre, Henri Farman ne se contente pas de ces quelques lauriers. Les 29 et 30 mai 1908, il emporte M. Archdeacon au-dessus de Gand, faisant de son bienfaiteur le premier passager de l’histoire de l’aviation. Le 6 juillet 1908, il réussit à maintenir son appareil dans les airs pendant quinze minutes, ce qui lui permet de remporter les dix mille francs dotés par le prix Armengaud. Au camp de Châlons, il multiplie les vols sur de longues distances et de longues durées. Il parcourt d’abord quarante kilomètres en quarante quatre minutes, trente deux secondes ; puis quarante deux kilomètres en quarante trois minutes, vingt secondes, le 20 octobre 1908.

Dix jours plus tard, Farman réussit le premier vol de ville à ville. Il décolle sans ennui de Bouy, près de Mourmelon, pour atterrir dans un champ près de Reims, après avoir effectué vingt-sept kilomètres à la vitesse quasi inimaginable de soixante-treize kilomètres à l’heure, à l’altitude moyenne de quarante mètres. Il est ensuite invité pour une tournée aux Etats-Unis.

Le constructeur Gabriel Voisin, décidément peu orthodoxe, vend au Britannique Moore-Brabazon l’aéroplane n° 2 qui avait été commandé par Henri Farman. Ce dernier se brouille donc et décide de fabriquer lui-même un avion. C’est un HF.III, qu’il conçoit avec deux menuisiers champenois et l’aide de son mécanicien Herbster. Le vol inaugural a lieu en circuit au camp de Châlons le 27 avril 1909, sur une distance de trois kilomètres. Bien que fortement inspiré des premiers avions, le biplan de dix mètres d’envergure imaginé par Farman comporte bon nombre d’innovations révolutionnaires. Il est pourvu de quatre ailerons mobiles placés sur le bord de fuite, équipé de gouvernails de direction et de profondeur à volets mobiles, ainsi que d’un train de patins anti-capotage.

Le 27 août, Henri Farman gagne le Grand Prix. Il vient de parcourir 189,950 Km à bord de son aéroplane en 3 h 16 mn et bat du même coup, les records mondiaux de durée et de distance. Il réussit même à transporter deux passagers pendant 10 mn, à 56,304 Km/h.

Extrait de Presse relatant le 1er meeting mondial dAvion
Dimanche 22 aot1909 en Champagne
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Henry Farman, russit un vritable miracle.

Vers le milieu de l'aprs-midi du vendredi, dernier jour des preuves de distance, Farman sortit son biplan qui ressemblait fort aux Voisin dont il tait inspir. Mais Farman avait remplac les panneaux latraux de stabilisation entre les ailes par des ailerons qui donnaient son appareil des lignes plus pures et plus lgres.

Depuis l'aube, les mcaniciens travaillaient monter sur son avion un moteur rotatif Gnome de 50 CV refroidi par air. De conception franaise, c'tait un engin assez compliqu avec ses sept cylindres tournant autour d'un vilebrequin fixe, mais il tait plus lger, se refroidissait mieux et se rvlait plus souple que les moteurs cylindres fixes d'une puissance quivalente. Et sa fiabilit en faisait le propulseur idal pour une preuve d'endurance.

Farman, ennemi de toute esbroufe, dcolla en douceur et se mit tourner sur le terrain trois mtres cinquante d'altitude environ, en compagnie d'un camarade d'curie pendant les six premiers tours. Puis il poursuivit rgulirement son interminable ronde solitaire au point que son appareil semblait intgr au paysage. Au bout de deux heures il avait battu le record de 125 kilomtres tabli par Wilbur Wright au mois de dcembre prcdent; une demi-heure plus tard, c'tait celui de Latham, vieux d'une journe seulement, qui tombait son tour.

Le soleil se coucha et l'atmosphre se rafrachit. A 19 h 30, le chronomtrage fut interrompu, mais le pilote continua sa course en se reprant sur les arbres, les meules de foin et les phares d'automobiles qu'on avait allums son intention. Finalement il atterrit devant la grande tribune. La fanfare joua le God Save the King, aprs tout, Farman tait un peu britannique.

A ses hommes qui accouraient fous de joie, il ne put que murmurer : Je suis gel, et ils le transportrent sur leurs paules jusqu' son hangar.

Le nouveau champion d'endurance avait parcouru 180 kilomtres en 3 h 4 mn 56 s. Sa victoire dans le Prix Champagne de la DISTANCE, celle qu'il devait remporter dans le Prix Veuve CLICQUOT des PASSAGERS et sa deuxime place dans le Prix MOT & CHANDON de l'ALTITUDE lui rapportrent au total 63 000 francs et en firent le grand vainqueur de la semaine sur le plan pcuniaire.

Extrait du Petit journal - Aot 1909.

Le 3 septembre, il améliore son propre record et s’adjuge la Coupe Michelin, en tenant l’air pendant 4 h 17 mn 53 s, sur une distance de 234,212 Km. Le 19 juillet 1910, l’Etablissement central du matériel aéronautique militaire achète une quarantaine d’appareils, dont vingt biplans, Henry Farman et Maurice Farman.

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