Emile Ruchonnet France

Pilote sur monoplan Antoinette au 1er meeting mondial d’avion de 1909 en Champagne.
Pilote sur monoplan Hanriot à la 2ème semaine aéronautique de Champagne 1910



Avec l’argent gagné dans les compétitions automobiles, René Hanriot continue à développer son entreprise d’aviation. Il a abandonné définitivement le volant ; il ouvre une école de pilotage à Reims-Bétheny en décembre 1909 puis à Londres en janvier 1910 où il ouvre une filiale commerciale The Monoplans Hanriot Company Ltd, au capital de 600 000 francs. Au début de l’année 1910, il installe son siège social à Paris, au 14, place du Havre, et crée des ateliers plus vastes à Paris au 34, rue du Moulin.

Début 1909, Emile Ruchonnet fait partie de la firme Antoinette. Il travaille sous l’autorité de René Demanest, chef pilote du camp-école de Châlons-en-Champagne. Le monoplan Antoinette, types IV, de la firme parisienne Levavasseur, propulsé par le nouveau moteur Antoinette de 50 CV y est expérimenté avec succès à Châlons au printemps 1909.

Demanest et Ruchonnet sont inscrits sur Antoinette au 1er Meeting mondial d’avions de Reims organisé par les Grandes Marques de Champagne ; mais seul Hubert Latham y vole en utilisant deux avions : Antoinette VII n° 29 et une Antoinette IV n° 13.

Emile Ruchonnet, "ne s'était entraîné que pendant un week-end sur son appareil ; le vendredi, il avait effectué quelques sauts de puce, en faussant son train d'atterrissage ; le dimanche, après réparations, il avait volé de nouveau. Deux jours plus tard, pour conclure son entraînement, il avait parcouru 1 500 mètres autour du terrain". Il ne pouvait donc pas concourir sérieusement au 1er Meeting du monde d’août 1909.

Prudent, il recrute un aviateur expérimenté, Emile Ruchonnet, pour développer ses machines volantes, qui lui sert à la fois d’ingénieur et de chef pilote dans son école de l’air. Ancien charpentier et ancien chef d’atelier chez Levavasseur, Ruchonnet qui était inscrit à Reims en août 1909 sur un monoplan Antoinette, dispose de son brevet de pilote de l’Aéro-Club de France depuis le 21 juin 1910.

En quelques mois, Hanriot et Ruchonnet réalisent un nouveau monoplan, le type II, plus léger.
Baptisé Libellule, il vole à Bétheny en avril, équipé du Clément-Bayard de 40 ch. Puis, ils créent un troisième type de monoplan, plus puissant, destiné aux compétitions. Le type IV, un biplace, intéresse l’armée. Le type V et le type VI sont utilisés par Marcel Hanriot dans les meetings en 1910.

Envergure 10 m 8, long 12 m, largeur des bouts des ailes 3 m, surface 30 m 2, piodes 540 kg, corps fuselé dont les parois forment le radiateur Moteur ENV 50Cv.

Achevant son année scolaire à Châlons, Marcel Hanriot passe en effet ses dimanches sur l’herbe du terrain de Bétheny. Son père lui fait essayer tous les types de monoplans que produit la firme. Le 17 mai à Bétheny, Marcel Hanriot sur le biplace emmène dans le ciel de Champagne l’ingénieur Etienne Grandjean, professeur à l’Ecole supérieure de l’aéronautique. Le 9 juin, Marcel Hanriot vole de Bétheny à Mourmelon sur le monoplan type VI. Il devance Marthe Niel, une femme, partie sur un biplan Voisin, plus lent. Le jour suivant, Marcel Hanriot obtient son brevet de pilote, avec le n° 95. Il est le plus jeune pilote breveté de France et sans doute d’Europe.